Projet BQR « Eau et risques telluriques » (janvier 2016)

Posted in Actualités de la recherche, Projets

« Eau et risques telluriques : sensibiliser aux bonnes pratiques de gestion de l’eau en situation humanitaire. Comment mieux associer les acteurs scientifiques, humanitaires, politiques, et les populations ? »

Projet BQR – Porteur Thomas Ribémont CERAL

On constate que les scientifiques, à l’instar des chercheurs de l’Institut de Physique du Globe de Paris (IPGP), produisent des scenarii de risques telluriques fondés sur des analyses de plus en plus poussées, sans que ces analyses ne fassent généralement l’objet d’une appropriation en amont de la part des acteurs institutionnels, des « humanitaires », des gouvernements locaux, et, plus généralement des populations locales. En d’autres termes, alors que l’on dispose d’études prévoyant à long et moyen termes des risques majeurs, la circulation des savoirs et des savoir-faire reste limitée, empêchant par effet retour une prise en compte en amont des catastrophes naturelles à venir.

L’objet de ce projet est à la fois théorique – interroger le lien entre risques telluriques, gestion de l’eau et situation humanitaire et, sur la base de cette problématique, la question de la circulation des savoirs – mais aussi pratique. En effet, il vise à initier des outils, des interactions, un langage et un cadre de réflexion communs, permettant que les acteurs humanitaires, institutionnels, mais aussi profanes puissent se saisir des connaissances produites par les scientifiques pour agir en amont des catastrophes et parvenir ainsi à une meilleure gestion des ressources en eau, essentielles en cas de crise humanitaire. Ce projet cherche aussi à offrir aux chercheurs, aux étudiants, aux associations et aux institutions – notamment franciliens -, intéressés par ces objets, des outils leurs permettant de mieux faire connaître leurs travaux, de mieux comprendre les enjeux liés à l’eau et aux risques telluriques et, le cas échéant, d’être plus efficaces sur le terrain.

Nous avons décidé de mener notre enquête en Haïti. Ce choix se justifie par l’objet de notre projet qui a trait aux risques telluriques. Haïti, en effet, a été frappé le 12 janvier 2010 par un séisme dont on estime qu’il a causé la mort de 250 000 à 300 000 personnes et dont les conséquences humanitaires ont été d’une ampleur peu connue jusqu’alors. Depuis septembre 2015, Haïti a par ailleurs connu, dans le Nord, trois alertes sismiques d’importance. En outre, le contexte haïtien se caractérise par de nombreuses problématiques en matière de gestion de l’eau : manque d’infrastructures, problèmes de potabilisation de l’eau et d’assainissement, choléra, etc.

Nous avons pu mener l’enquête sur place, avec Monsieur Clément Pin, Docteur en sociologie (CERAL) de l’UFR DSPS de l’Université Paris 13 Sorbonne Paris Cité entre les 3 et 18 janvier 2016.

L’enquête s’est déroulée sur trois sites en Haïti :

Port-au-Prince (département du Centre) : 3-10 janvier 2016 ; 16-17 janvier 2016 ;
Port-de-Paix (Nord-Ouest) : 11-13 janvier 2016 ;
Gonaïves (Artibonite) : 13-15 janvier 2016.

CERAL